Un espace persistant après l’alignement ne signe pas nécessairement un défaut de longueur d’arcade. L’analyse de Bolton compare les sommes des largeurs mésiodistales maxillaires et mandibulaires pour rechercher une discordance de taille dentaire entre arcades lorsque espaces, contacts ou surplomb restent difficiles à ajuster. Elle ne mesure pas à elle seule le périmètre disponible de chaque arcade et ne prescrit ni réduction interproximale ni ajout de composite. Proffit et al., chap. 6, p. 172 [1] · AAPD, révision 2024

Modèles dentaires avec pied à coulisse sur un plan de travail.
Illustration générée par IA : le pied à coulisse illustre la démarche de comparaison ; aucun ratio ou écart dimensionnel n’est établi par l’image.

Distinguer les deux mesures d’espace

La longueur disponible sur une arcade et la proportion des largeurs dentaires entre arcades répondent à deux questions différentes. Un espace résiduel demande de vérifier laquelle est en jeu.

Deux mesures différentes : longueur d’arcade et proportion de taille dentaire
Schéma original : un espace résiduel peut relever de plusieurs mécanismes.

Vérifier la discordance avant d’en tirer une indication

Reprendre les largeurs dentaires du modèle ou du scan, identifier les dents incluses dans le calcul et localiser l’excès relatif. Vérifier ensuite le torque, les rotations, les contacts, l’occlusion et la position incisive visée : un ratio n’explique pas mécaniquement tout espace restant. Proffit distingue la mesure de proportion et les décisions de finition. Proffit et al., chap. 17, p. 559 [1]

Une expérience sur modèles a montré que l’effet d’une discordance généralisée sur l’occlusion simulée pouvait être limité ; cette étude ne valide aucun seuil clinique universel et ne remplace pas un examen individuel. Heusdens et al., étude expérimentale

Choisir une finition cohérente avec le plan occlusal

La correction dépend du sens de la discordance et de l’objectif occlusal
Schéma original : redistribution, addition et réduction sont des options à discuter, pas des équivalents.

Selon le sens et le site de la discordance, le plan peut comparer une redistribution d’espace, une restauration additive de dents petites ou une réduction interproximale de dents relativement larges. La bonne branche dépend du résultat occlusal et esthétique recherché, de l’anatomie et de l’état de l’émail. La BOS demande un examen complet, la discussion des alternatives et une information du patient avant toute IPR, geste irréversible. BOS, déclaration IPR Voir aussi la question dédiée à l’IPR des incisives inférieures, qui porte sur un autre motif de création d’espace.

Conclusion pratique

L’analyse situe une éventuelle discordance ; la finition se décide avec l’objectif occlusal et l’examen des dents, pas sur le seul ratio.

Limites. Aucun ratio, seuil de discordance, nombre de contacts ou quantité de réduction ne sont prescrits. Une mesure calculée doit être interprétée avec le plan occlusal complet.

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Édition ALIGNEO · Revue documentaire : 1er novembre 2026.

Sources

  1. Proffit WR et al. Contemporary Orthodontics, 6e éd., Elsevier, 2019, chap. 6, p. 172 ; chap. 17, p. 559. Référence académique de fond.
  2. AAPD. Management of the Developing Dentition and Occlusion in Pediatric Dentistry, révision 2024, Reference Manual 2025, p. 504, définition de la discordance de taille dentaire.
  3. Heusdens M et al. The effect of tooth size discrepancy on occlusion: An experimental study. AJODO, 2000. Étude expérimentale sur modèles ; portée clinique limitée.
  4. British Orthodontic Society. Statement: Interproximal reduction, 2016.