Réduire une supraclusion ne prouve pas que les incisives ont été intrudées. Le nivellement peut résulter d'un mouvement vertical postérieur, d'une véritable intrusion incisive, d'une modification d'inclinaison ou d'une combinaison. L'objectif doit donc préciser quelles dents doivent bouger, puis être vérifié avec des repères adaptés. C'est la distinction biomécanique décrite par Proffit ; des essais récents mesurent séparément le recouvrement et la position incisive. Rasol et al., revue d'essais.

Modèle pédagogique multiattache avec recouvrement vertical des incisives.
Illustration générée par IA : le recouvrement est illustré, sans démontrer une intrusion ou une extrusion.

Définir le déplacement vertical recherché

Proffit sépare le nivellement par extrusion des secteurs postérieurs, qui produit une intrusion incisive seulement relative, d'une intrusion véritable des incisives. L'une et l'autre peuvent aplatir la courbe de Spee, mais elles ne produisent pas nécessairement les mêmes effets sur la dimension verticale et l'exposition incisive. Avant de choisir la mécanique, examiner le recouvrement, la position et l'exposition des incisives, la hauteur faciale, les contacts postérieurs et la croissance éventuelle. [Proffit, 2019, ch. 15, p. 518 et 521].

Deux voies conceptuelles pour modifier le recouvrement incisif
Le schéma distingue les mouvements possibles ; il ne prédit pas leur amplitude chez un patient.

Une mesure de recouvrement seule mélange plusieurs mouvements. Pour dire qu'il y a eu intrusion, il faut suivre la position incisive par rapport à une référence pertinente, en tenant compte de l'inclinaison et des changements du plan de référence. Une étude qui rapporte une baisse d'overbite sans mesure du déplacement incisif ne démontre pas ce mécanisme. Rasol et al., revue d'essais.

Comparer le mécanisme attendu et l'effet observé

Option conceptuelle Mouvement à vérifier Point de vigilance
Nivellement avec éruption/extrusion postérieure Position verticale des prémolaires/molaires et évolution du recouvrement. Le résultat peut différer selon la croissance et les objectifs verticaux ; ne pas appeler toute baisse de recouvrement « intrusion ».
Mécanique d'intrusion antérieure Position des incisives par rapport à un repère stable, inclinaison, soutien parodontal et éventuelle résorption radiculaire. La direction et la distribution des forces ne se déduisent pas du nom de l'arc ou de l'appareil.

Une revue publiée en 2025 a retenu huit essais randomisés sur diverses méthodes de correction de la supraclusion. Dans la comparaison avec l'arc d'intrusion Connecticut, l'appui par minivis était associé à davantage d'intrusion incisive ; les résultats et leur certitude varient selon la comparaison. Ce n'est pas une indication universelle de minivis. Rasol et al.. Un essai de 2024 sur 43 sujets avec sourire gingival et supraclusion a comparé une à deux minivis antérieures ; ses résultats ne s'appliquent pas automatiquement à toutes les supraclusions. Manikandan et al..

Mesures distinctes au suivi d'une supraclusion
La baisse de recouvrement et le mouvement d'une dent sont deux observations distinctes.

Conclusion pratique : mesurer le mouvement obtenu

Noter le recouvrement, les positions incisive et postérieure, l'inclinaison incisive et les effets tissulaires observables. Si l'effet réel s'écarte de l'objectif vertical initial, la mécanique doit être réévaluée plutôt que simplement poursuivie jusqu'à disparition de la courbe de Spee.

Limites

Les comparaisons citées portent sur des populations et dispositifs spécifiques ; elles ne fixent aucune force, durée ou amplitude cible pour un patient donné. Le diagnostic vertical, les risques parodontaux et radiculaires et le contrôle clinique individualisé priment.

Revue documentaire : 31 octobre 2026. Validation clinique du texte et des schémas : Dr Vladimir Khourda, 31 octobre 2026.

Sources